Farmers, Not Corporations, Feed Africa! / Les agriculteurs, pas les entreprises, nourrissent l’Afrique !

September 20 / 20 septembre
4PM Nairobi 3PM Lusaka 2PM Lomé

(Traduction française disponible ci-dessous.)

The Africa region remains to be the hungriest and most food-insecure region in the world. In 2020, one out of every five of the more than 800 million hungry people in the world was in Africa. The continent also shares a third – 282 million – of the 768 million undernourished worldwide. A quarter of the region’s population suffers from severe food insecurity. If we include those who face moderate food insecurity, that sums to about 800 million Africans, which already covers 60% of the whole population.

These numbers paint a drastic picture for Africa. For certain, COVID-19 and its impacts exacerbated Africa’s hunger situation. The people of Africa are further made vulnerable by the climate crisis, which intensified natural calamities in strength and number. But given the trend of rising hunger in recent years, this is a product of a deeper, longstanding problem – the neoliberal domination in Africa’s food systems and agriculture.

The pandemic, as well as the natural calamities that hit the continent, exposed the instability and fragility of Africa’s current food systems, which the Alliance of Green Revolution in Africa (AGRA) fostered in the past 15 years. AGRA, which poised itself as a messiah to the region’s hunger crisis, evidently aggravated the situation with its promotion of agribusinesses takeover to feed the population. 

Despite the undeniable records of AGRA’s failures and damages to Africa’s agriculture sector, it convened the African Green Revolution Forum (AGRF) Summit last Sept. 8 to 11 as regional build-up to the United Nations Food Systems Summit (UN FSS), whose appointed special envoy is AGRA president Agnes Kalibata. As expected, the event highlighted Africa’s “fastest growth in agricultural production since 2000” – an irony to Africa’s state of hunger and malnutrition – and it concluded with governments committing to drive investments to the private sector for post-pandemic recovery and resiliency of food systems. 

But the people of Africa do not merely want resilient food systems; what they demand is sovereignty over their food systems. Rural communities have proven by experience that they can feed themselves with food produced through agroecology and other sustainable agriculture practices. They have been addressing the gender gap and engaging their youth in agriculture. They have endured the lacking state support and struggled against development aggression and state-perpetrated attacks.

Hear more about the current situation, challenges, and efforts of the African people for the radical transformation of our food systems in “Farmers, Not Corporations, Feed Africa,” the Africa regional consultation of the Global People’s Summit for Just, Equitable, Healthy and Sustainable Food Systems (GPS).

The GPS, a counter-summit to the UN FSS, aims to challenge the dominant neoliberal narratives and power structures in global food systems. It aims to amplify the voices and struggles of rural peoples worldwide in realizing just, equitable, healthy, and sustainable food systems.


L’Afrique reste la région la plus affamée et la plus touchée par l’insécurité alimentaire dans le monde. En 2020, une personne sur cinq parmi les plus de 800 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde se trouvait en Afrique. Le continent se partage également un tiers – 282 millions – des 768 millions de personnes sous-alimentées dans le monde. Un quart de la population de la région souffre d’insécurité alimentaire grave. Si l’on inclut ceux qui sont confrontés à une insécurité alimentaire modérée, on arrive à environ 800 millions d’Africains, ce qui représente déjà 60 % de la population totale.

Ces chiffres dépeignent une situation dramatique pour l’Afrique. Il est certain que le COVID-19 et ses impacts ont exacerbé la situation de la faim en Afrique. Les populations africaines sont encore plus vulnérables à cause de la crise climatique, qui a intensifié les calamités naturelles en force et en nombre. Mais la tendance à l’augmentation de la faim ces dernières années est le produit d’un problème plus profond et de longue date : la domination néolibérale sur les systèmes alimentaires et l’agriculture en Afrique.

La pandémie, ainsi que les calamités naturelles qui ont frappé le continent, ont mis en évidence l’instabilité et la fragilité des systèmes alimentaires actuels de l’Afrique, que l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a encouragés au cours des 15 dernières années. L’AGRA, qui s’est présentée comme le messie de la crise de la faim dans la région, a manifestement aggravé la situation en encourageant les entreprises agroalimentaires à prendre le relais pour nourrir la population.

En dépit de ses échecs et des dommages indéniables qu’il a causés au secteur agricole africain, il a convoqué le sommet du Forum africain sur la révolution verte (AGRF) du 8 au 11 septembre dernier, en guise de préparation régionale au Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UN FSS), dont l’envoyée spéciale est Agnes Kalibata, présidente de l’AGRA. Comme prévu, l’événement a mis en évidence la “croissance la plus rapide de la production agricole en Afrique depuis 2000” – une ironie de l’état de la faim et de la malnutrition en Afrique – et il s’est conclu par l’engagement des gouvernements à orienter les investissements vers le secteur privé pour la reprise post-pandémique et la résilience des systèmes alimentaires.

Mais les populations africaines ne veulent pas seulement des systèmes alimentaires résilients ; ce qu’elles exigent, c’est la souveraineté sur leurs systèmes alimentaires. Les communautés rurales ont prouvé par l’expérience qu’elles pouvaient se nourrir avec des aliments produits par l’agroécologie et d’autres pratiques agricoles durables. Elles se sont attaquées à l’inégalité entre les sexes et ont engagé leurs jeunes dans l’agriculture. Elles ont supporté le manque de soutien de l’État et ont lutté contre l’agression du développement et les attaques perpétrées par l’État.

Découvrez la situation actuelle, les défis et les efforts du peuple africain pour la transformation radicale de nos systèmes alimentaires dans “Farmers, Not Corporations, Feed Africa”, la consultation régionale africaine du Sommet mondial des peuples pour des systèmes alimentaires justes, équitables, sains et durables (GPS).

Le GPS, qui est le contre-sommet du FSS de l’ONU, vise à remettre en question les récits néolibéraux dominants et les structures de pouvoir dans les systèmes alimentaires mondiaux. Il vise à amplifier les voix et les luttes des populations rurales du monde entier pour la réalisation de systèmes alimentaires justes, équitables, sains et durables.